Première Nation de Carcross/Tagish
Gary Sidney
Gary Sidney se décrit comme un incontournable de Carcross. Cela tient au fait qu’une grande partie des visites locales qu’il propose mettent en lumière la riche histoire du territoire et de ses habitants, d’une manière encore méconnue du grand public. Il cite la piste Chilkoot en exemple : « Ce sentier est glorifié par des récits de la Ruée vers l’or, mais notre histoire va au-delà de cela », déclare-t-il. Citoyen de la Première Nation de Carcross/Tagish, Gary Sidney prend plaisir à raconter aux visiteurs l’histoire des premiers habitants de ce territoire et les raisons de leur présence, tout en soulignant la différence entre le sentier qu’empruntaient les prospecteurs et les routes traditionnelles qu’il a lui-même parcourues le long du célèbre passage.
« Nous suivions des sentiers réfléchis, qui épousaient les reliefs et les lignes de crête. En contrebas des falaises longeant le sentier des prospecteurs, on aperçoit encore aujourd’hui des chariots renversés, des déchets et même des carcasses de chevaux, raconte-t-il. Notre sentier à nous faisait peut-être bien 100 km de plus, mais il était plus réfléchi. » Gary Sidney, aussi connu sous le nom de M. Carcross, ne propose pas de visites guidées à horaires fixes ni sur des thèmes précis. Toutefois, on le croise souvent à Haa Shagóon Hídi (maison de nos Ancêtres), où il discute volontiers des artistes en exposition au centre culturel, des clans de la région et de l’histoire derrière le nom Carcross (contraction de « Caribou Crossing »), un nom inspiré du passage massif des caribous, si intense autrefois, selon les Aînés, que la terre semblait trembler chaque matin à cinq heures. « C’était comme si la montagne respirait, ajoute-t-il. Il y avait tant de caribous, c’était comme si elle avait un pouls. »
Blake Shaá'koon Lepine
Pour Blake Shaá’koon Lepine, artiste tlingit, cri et hän établi à Whitehorse, une marche en forêt équivaut à « magasiner des idées ». « Je suis toujours à l’affût », confie-t-il. Inspiré par la terre, il dit régulièrement constater des détails simples qui lui avaient échappé par le passé. Un regard plus attentif fait souvent naître une idée, qu’il développe ensuite à travers la sculpture, la bijouterie, la gravure, la peinture, et même l’herboristerie. Parmi ses savoirs, transmis par la nature elle-même dans la région de Carcross où sa famille est enracinée depuis des générations, figure l’usage du peuplier baumier pour fabriquer un onguent polyvalent contre la toux et le rhume, ainsi qu’une crème destinée à soulager les douleurs musculaires.
Blake Shaá’koon Lepine aime passer ses journées à marcher le long du chemin de fer en direction du lac Bennett ou de Whitehorse, ou à suivre la rivière jusqu’à la plage de Carcross. Pour lui, peu importe le lieu, l’essentiel est de rester attentif à ce qui nous entoure. « Nous sommes vraiment privilégiés et chanceux de vivre dans un lieu d’une telle beauté, entourés d’une telle nature sauvage. Je veux que les gens s’en inspirent, dit-il. J’ai l’impression que beaucoup de gens qui viennent ici vivent dans la jungle urbaine et n’ont jamais vu de nature sauvage comme ça auparavant. Mon seul souhait est qu’ils prennent un instant pour l’apprécier. »
Margarata Sheyamdusti
Margarata Sheyamdusti est profondément attachée à Carcross, même si elle vit actuellement à Whitehorse. « J’ai grandi là-bas et j’ai toujours été entourée de ma famille », explique-t-elle. Elle fait partie du clan kookhittaan et porte son nom tlingit. « Ma grand-mère enseignait la couture, la pêche et la cueillette de baies et de plantes médicinales. Je chéris profondément ces traditions. » Des traditions qu’elle s’est fait un devoir de perpétuer. Margarata Sheyamdusti, qui travaille pour la Première Nation de Carcross/Tagish en tant que traductrice pour les jeunes, est actuellement inscrite à un programme à temps plein au Centre des langues autochtones du Yukon, où elle apprend le tlingit.
« Plus je m’immerge dans la langue, plus j’ai le sentiment qu’on m’en remet les clés », confie-t-elle à propos du programme, qui l’aide autant à comprendre la grammaire que le sens du tlingit. Dans ses temps libres, elle aime se rendre à Carcross pour visiter ses lieux préférés, comme le mont Nares, connu pour ses sentiers de randonnée, et le mont Montana, célèbre pour ses pistes étroites de vélo de montagne.
Pour Margarata Sheyamdusti, les paysages ne sont qu’un prétexte : ce qui la pousse à grimper en haut des montagnes, c’est avant tout la paix intérieure et le profond sentiment de connexion qu’elle ressent simplement en étant dehors, dans le Nord.