Conseil Dena de Ross River
Dennis Shorty
Ross River est le genre d’endroit où l’on vient pour échapper au quotidien. Dennis Shorty, qui y a grandi, doit s’aventurer un peu plus loin pour retrouver le même sentiment d’évasion.
Cela tient en partie au fait que Ross River est avant tout son lieu de travail. Musicien et artiste visuel aux multiples talents, Dennis Shorty tient un studio et une galerie dans le village, où il fait la promotion de la culture kaska, en plus de gérer le Raven Nest Lodge avec sa compagne, Jenny Frohling. Les visiteurs qui séjournent dans leur établissement ont souvent droit à des concerts improvisés de Dena Zagi (le groupe du couple) en échange de leur participation à la musique.
Quand Dennis Shorty a besoin de changer d’air, il se rend dans la cabane familiale où il a grandi. À travers sa grande baie vitrée, il peut contempler les montagnes qui entourent Ross River et les terres où sa famille a toujours vécu. C’est un lieu cher à son cœur. C’est là qu’il a épousé sa femme, qu’ils ont commencé à faire de la musique ensemble et qu’ils ont récemment enregistré leur deuxième album. C’est aussi là qu’il cueille des canneberges, des fraises et de la sauge et qu’il pêche l’ombre.
Quand il n’est pas dans sa cabane, on peut le trouver en train de donner des cours de fabrication de tambours près de Faro ou d’animer des ateliers dans l’une des nombreuses disciplines qu’il pratique telles que la peinture, la sculpture de bois de cervidés, le travail du cuivre et la narration. « La région offre une multitude d’activités artistiques et culturelles, affirme-t-il, presque autant que d’activités de plein air. » Personnellement, il aime parcourir la magnifique route Canol Nord, se rendre au canyon Lapie en août pour voir la remonte des saumons, traverser le pont suspendu et randonner sur le sentier Dena Cho.
Pour lui, cette région est un sanctuaire. Elle l’est depuis des générations et le restera pour celles à venir.
Derrick Redies
Quand la fille de Derrick Redies était bébé, il la portait sur son dos pour partir à la chasse au mouflon.
« Nous étions une tribu nomade, explique-t-il. La plupart des lieux qui nous sont chers se trouvent sur ces terres. »
Derrick Redies, qui vit à Ross River et travaille en tant que conseiller en environnement, a toujours mis un point d’honneur à ce que ses trois enfants apprennent la même leçon que son arrière-grand-père, Arthur John, lui avait enseignée : il est possible de respecter les traditions tout en allant à l’école et en recevant une bonne éducation. Ces deux réalités sont importantes et méritent d’être reconnues et respectées.
Derrick Redies est né près de Faro et a grandi à Ross River, où ses échanges constants avec des Aînés et des gardiens du savoir lui ont permis de rester proche de sa culture. Il a passé tellement de temps avec d’autres familles en plus de la sienne qu’il a l’impression que c’est l’ensemble de la communauté qui lui a tout appris. Ross River est un lieu accueillant, c’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles Derrick Redies aime tant cet endroit. C’est aussi ce qui en fait une destination de premier choix.
Si vous êtes de passage et que vous voulez comprendre les règles des jeux de main, trouver le départ du sentier Dena Cho, long de 50 kilomètres, qui relie Faro à Ross River ou en savoir plus sur la culture kaska et l’histoire d’Old Ross River, dont les habitants ont été déplacés sans préavis par le gouvernement dans les années 1960, n’hésitez pas à poser des questions.
« Faites preuve de curiosité et de respect, conseille Derrick Redies, et plongez dans une nouvelle culture. Ross River et ses habitants ont tant de beauté à offrir. »
Roberta Dick
Visiter Old Ross River est une véritable expérience spirituelle selon Roberta Dick.
« Mes grands-parents vivaient là et c’est un lieu spécial pour certains d’entre nous, car une ancienne colonie y était établie », explique-t-elle.
Elle connaît des membres de la communauté qui se souviennent encore de ce jour de printemps des années 1960 où, à leur retour d’une saison de piégeage, ils avaient découvert que des représentants du gouvernement avaient déplacé leurs habitations vers l’emplacement actuel du village, sans aucun préavis. Ils ont dû suivre les traces laissées par les cabanes traînées sur la rivière gelée pour regagner leur nouveau lieu de vie.
Aujourd’hui, en visitant l’autre côté de la rivière, Roberta Dick se sent sereine. Enfant, elle participait à des échanges culturels sur le site, où les Kaskas dansaient et jouaient du tambour. Elle perpétue cet héritage aujourd’hui en organisant bénévolement des groupes de tambour pour transmettre cette pratique culturelle aux jeunes.
Roberta Dick s’investit également dans les activités communautaires telles que les jeux de main qui ont lieu à Ross River en été et en hiver : chaque édition des jeux de main en hommage à Roddy Ladue est un véritable événement! Elle participe aussi à l’organisation d’ateliers comme ceux où l’artiste locale Vashti Etzel enseigne la confection de châles sur le campus de Ross River de l’Université du Yukon.
Ce fort sentiment d’appartenance culturelle est l’une des raisons pour lesquelles elle reste dans la communauté. L’autre raison, ce sont les gens. Elle aime emmener les enfants au lac Jackfish, dont les eaux émeraude agréablement chaudes invitent à la baignade, et s’arrêter à la station-service pour discuter avec les Aînés. Selon elle, c’est une communauté très soudée. Que ce soit pour un mariage, un enterrement, une naissance ou pour soutenir une personne dans le besoin, tout le monde ici se serre les coudes.