Première Nation de Selkirk
Amber Baker
Amber Baker vient d’une longue lignée de femmes très actives. Sa mère et sa grand-mère leur ont appris, à elle et à sa sœur Kaylyn, l’art du perlage. Les deux sœurs se sont inspirées de cette pratique pour créer une ligne de bijoux et de vêtements qu’on a pu voir sur les podiums de la Semaine de la mode autochtone de Vancouver. Pour Amber Baker, qui est d’ascendance tutchone du Nord et tlingit de la Première Nation de Selkirk de Pelly Crossing, devenir artiste ici n’a rien d’étonnant.
« Il y a une richesse artistique incroyable dans ma communauté : sculpture, tissage, perlage et tant d’autres talents. C’est vraiment extraordinaire », affirme-t-elle.
En plus du perlage, elle est coordonnatrice culturelle pour la Première Nation de Selkirk. Dans le cadre de son travail, elle passe beaucoup de temps dans des camps en nature. Récemment, elle a animé un atelier de confection de châles et de gilets lors d’un camp de mieux-être à Minto Landing.
« Des Aînés me demandaient de l’aide. J’étais vraiment surprise que des personnes ayant tant de savoir aient besoin de mon avis, raconte Amber Baker. C’était un sentiment merveilleux d’aider des gens qui ont accompli des tâches semblables toute leur vie. »
Elle mesure la chance que représentent de telles occasions pour lui permettre de prendre un peu de recul et de se recentrer quand elle se sent dépassée. C’est également pour elle un prétexte pour échanger avec la communauté, ce qui lui tient à cœur. C’est pour cette raison que lorsque sa sœur et elle se rendent à des événements comme la semaine de la mode, elles invitent des modèles d’ici à les accompagner. C’est aussi pour cela qu’Amber Baker est incollable sur toutes les activités qui ont lieu à Pelly Crossing chaque année.
Chasse et pêche sur glace l’automne et l’hiver, ateliers de tannage de peaux tout au long de l’année, événements culturels exceptionnels et mine d’information à la maison Big Jonathan et à Fort Selkirk, emplacements de choix au camping gratuit, sans oublier bien sûr les jeux de main.
« Une chose à savoir sur Pelly Crossing, c’est que les jeux de main y sont extrêmement populaires », explique Amber Baker.
Pour celles et ceux qui voudraient en apprendre davantage sur cette activité traditionnelle, elle recommande de venir en été lorsque des tournois sont organisés. Si vous ne comprenez pas les règles, demandez aux gens du coin. Il y aura toujours quelqu’un pour vous apprendre, mais une fois la compétition commencée, ce sera chacun pour soi!
Don Trudeau
À Fort Selkirk, on surnomme Don Trudeau « The Storyteller » (le conteur). Âgé de 80 ans, l’Aîné et guérisseur ojibwe raconte aux visiteurs les légendes de son territoire et sa vie depuis les années 1990, lorsqu’il est arrivé au Yukon de l’Ontario.
« Je ne savais pas où j’allais jusqu’à ce que j’arrive ici », avoue-t-il.
À l’époque, Don Trudeau avait la quarantaine et était, selon ses propres termes, « rebelle ». Il a passé un peu de temps à Watson Lake et à Whitehorse avant de se rendre jusqu’à Pelly Crossing, où il a rencontré celle qui est aujourd’hui sa femme. Ensemble, ils vivaient à Pelly la majeure partie de l’année, sauf l’été, qu’ils passaient très souvent dans une cabane à deux étages à Fort Selkirk. Sa femme a grandi à l’ancien poste de traite, aujourd’hui cogéré en tant que site patrimonial culturel par la Première Nation de Selkirk et le gouvernement du Yukon.
« C’est un refuge », affirme Don Trudeau en parlant de la région, où il ramasse des plantes pour ses activités de guérisseur qu’il offre gratuitement. « Les énergies sources de vie sont en abondance ici dans le monde naturel. »
C’est la principale raison pour laquelle il aime ce hameau de 350 âmes. Pelly Crossing est un endroit calme. Ici, pas de foule ni de centres commerciaux. Don Trudeau a une ligne téléphonique fixe et la nature à portée de main, son endroit de prédilection pour trouver de la nourriture en chassant, en cueillant et en pêchant. Il a aussi une adresse courriel qu’il n’utilise jamais. Ici, Internet n’a pas grande utilité. Comme il le dit avec humour : « Ce n’est pas l’IA qui va tuer un orignal pour moi! » À Pelly Crossing, il est plus facile de mener une vie plus traditionnelle, et de vivre tel que l’être humain est fait pour vivre selon lui.
Don Trudeau partage sa philosophie dans une série de livres intitulée The Shaman Speaks, qui aborde les enseignements autochtones et notre vision du monde naturel. Si vous préférez entendre ses histoires de vive voix (notamment la fois où il a pu s’approcher suffisamment d’un grizzli pour le toucher), vous le trouverez chaque été sur les rives de Fort Selkirk.